Mars 2009 retrouva des écarts à la norme positifs après plusieurs mois en déficit thermique. Les précipitations furent excédentaires sur une grande partie du pays. Seuls le Valais central et le bassin lémanique présentèrent une pluviométrie déficitaire. L'ensoleillement fut légèrement au-dessus de la norme en Suisse romande, en Valais et au Tessin. Plus on se dirigeait vers le lac de Constance, plus le ciel se montra gris.
Un début de mois gris et pluvieux
La première décade du mois fut plutôt grise et pluvieuse. Une dépression se déplaça d'abord de l'Atlantique Nord vers l'Europe occidentale. Une situation de barrage se mit en place du 3 au 5 mars le long des versants sud des Alpes avec des précipitations importantes. Le 5, la dépression se déplaça sur le Nord de l'Italie et les vents s'orientèrent au nord. Après un début de mois encore assez doux, les températures chutèrent et la neige tomba souvent jusqu'à basse altitude jusqu'au 10. Au-dessous de 500 mètres, les précipitations tombèrent généralement sous forme de pluie. Sur les collines du Plateau, il y eut passablement de neige fraîche. Le 9 mars, les vents d'ouest soufflèrent également fortement jusqu'en plaine avec des rafales comprises entre 60 et 90 km/h sur le Plateau. Au Sud des Alpes, le foehn du nord souffla à partir du 6 et amena un temps bien ensoleillé avec des températures printanières jusqu'à 16 degrés.
Une deuxième décade placée sous l'influence d'un anticyclone
Du 11 au 22 mars, l'anticyclone des Açores s'étendit en direction des Alpes. Néanmoins, prises dans un courant de nord-ouest, les perturbations parvinrent à toucher parfois l'Est du pays. Les températures se réchauffèrent sur tout le pays. Elles furent comprises entre 10 et 14 degrés sur le Plateau. Le Sud des Alpes fut toujours sous l'influence du foehn du nord et le thermomètre grimpa le 13 jusqu'à 21.5 degrés à Lugano. Le temps fut souvent bien ensoleillé sur l'Ouest et en Valais, parfois plus nuageux sur l'Est du pays avec quelques précipitations. Aucune goutte ne tomba à Genève pendant 11 journées consécutives et même pendant 12 journées consécutives à Sion. Au Sud des Alpes, le temps fut sec pendant 21 jours à Lugano, du 6 au 26 mars. Comme le foehn du nord souffla régulièrement, la végétation en surface fut particulièrement desséchée. Des avis de risque d'incendie furent émis. A partir du 18 mars, le centre de l'anticyclone se déplaça sur la mer du Nord. Une forte bise se leva le 19 et les températures plongèrent le 20 suite à l'arrivée d'air nettement plus froid. Le 20 mars était le premier jour du printemps mais le temps présentait plutôt un caractère hivernal : à l'Ouest, ensoleillé avec une bise soufflant jusqu'à 60-75 km/h et des températures maximales comprises entre 5 et 7 degrés; à l'Est, variable avec localement des averses de neige jusqu'en plaine. Le Sud des Alpes fut également touché par l'arrivée de l'air froid avec une baisse des températures de l'ordre de 8 degrés. Le 21 mars, le thermomètre plongea jusqu'à -21.7 degrés à Samedan en Engadine. Un réchauffement modéré suivit jusqu'au 23 mars.
Image 1 : évolution de la température maximale journalière en mars.
Une fin de mois changeante
A partir du 23 mars, l'anticyclone se retira sur l'Atlantique et laissa la place à un défilé de perturbations. Le 24, une arrivée d'air polaire provoqua une nouvelle baisse des températures et la neige s'invita à nouveau jusqu'en plaine avec par exemple 1 cm à Bâle et à Aarau, 3 cm à Zurich. La pluie gagna également le Sud des Alpes dans la nuit du 27 au 28 mettant fin au risque d'incendie. Le week-end du 28/29 mars fut particulièrement gris et humide sur l'ensemble du pays avec les plus fortes précipitations sur le Sud des Alpes. A partir du 30 mars, l'anticyclone revint sur le nord de l'Europe asséchant peu à peu la masse d'air.
Bilan du mois
C'est au Sud des Alpes que les températures furent les plus douces par rapport à la norme 1961-1990 avec un écart compris entre 1 et 2.5 degrés entre le nord et le sud de la région. Ailleurs, les températures affichèrent un léger excédent thermique entre 0 et 1 degré sur la plupart des régions du pays, les excédents thermiques les plus élevés étant relevés entre Nyon et Genève. De très légers déficits thermiques furent ponctuellement enregistrés, principalement le long des versants nord des Alpes, sur le Nord des Grisons et dans la vallée du Rhin. La température maximale du mois fut relevée à Locarno-Monti le 18 mars avec une valeur de 22.6 degrés.
Les précipitations furent excédentaires sur une grande partie du pays : de l'ordre de 100 à 125% de la norme sur le Jura, 120 à 140% de la norme sur le pied nord du Jura, 125 à 175% de la norme sur le Plateau alémanique, environ 130% sur le Tessin et les Grisons. Plus on se dirige vers le bassin lémanique, plus les précipitations devinrent déficitaires : 80 à 110% de la norme sur l'Ouest du Plateau et les Préalpes romandes, 50 à 80% de la norme seulement sur le bassin lémanique et le Valais central.
L'ensoleillement fut très contrasté entre le lac Léman et le lac de Constance. Plus on se dirige vers le lac de Constance, plus l'ensoleillement fut faible (voir image 2). On enregistra les normes suivantes : 100 à 130% de l'ensoleillement sur le bassin lémanique et le Valais, l''excédent le plus élevé étant relevé entre Nyon et Genève, 100 à 125% au Tessin, 80 à 100% sur le Jura, environ 80% sur le Plateau alémanique, 60 à 80% de la norme sur le Centre et l'Est des versants nord des Alpes. L'ensoleillement maximal fut enregistré à Cimetta au-dessus de Locarno avec 218.5 heures.

