De fréquentes chutes de neige ont affecté les régions de plaine au cours de ce mois de décembre, tandis que les températures furent particulièrement basses sur les sommets montagneux, ce qui ne fut plus arrivé depuis plusieurs décennies. A Berne, il a plus neigé au cours de ce mois que sur l'ensemble de l'hiver dernier. D'autres stations de plaine ont enregistré des sommes d'enneigement proches des records.
Fréquentes chutes de neige en plaine
Le 1er décembre, premier jour de l'hiver météorologique, une couche de neige s'est formée sur presque l'ensemble de la Suisse avec des quantités localement importantes, notamment en Suisse romande. A Genève, on mesurait une couche de 31 cm neige le 2 décembre, ce qui constitue un record pour un mois de décembre. La couche de neige résista quelques jours grâce aux basses températures. Cependant, elle fondit rapidement à partir du 5 décembre en raison d'un gros redoux. Celui-ci fut tellement important que la limite pluie-neige remonta jusqu'au-delà de 2000 mètres. De plus, le foehn souffla dans les vallées alpines et propulsa le thermomètre jusqu'à 18.3 degrés à Bad Ragaz/SG le 8 décembre.
Une couche de neige importante à Versoix près de Genève le 1er décembre 2010 en fin d'après-midi (photo : Lionel Peyraud).
Du 9 au 16 décembre, les régions de plaine de l'ouest du pays profitèrent d'un généreux ensoleillement. A la mi-décembre, les sommes mensuelles habituelles d'ensoleillement étaient déjà atteintes à Genève, Nyon, Neuchâtel et Payerne. A partir du 12 toutefois, l'air devint polaire et des perturbations affectèrent essentiellement la Suisse alémanique avec de faibles chutes de neige jusqu'en plaine. Dans la nuit du 16 au 17 décembre, de fortes chutes tombèrent jusqu'en plaine et le 17, une couche de neige souvent supérieures à 10 cm recouvrait les régions de plaine du Nord des Alpes (26 cm à Lucerne, 15 cm à Genève, Bienne et Kloten, 13 cm à Berne, 12 cm à Aarau, 10 cm à Genève). Mais un courant d'ouest, puis de sud-ouest se mit en place et un nouveau redoux se manifesta. La neige fondit en plaine quelques jours avant Noël. Le 23 décembre, le courant s'orienta même au sud et les températures, sous l'influence du foehn, grimpèrent jusqu'à 13.3 degrés à Saint-Gall et même jusqu'à 15.3 degrés à Vaduz. Les températures restèrent positives jusqu'en moyenne montagne, y compris pendant la nuit. Pendant ce temps, il neigea jusqu'en plaine au Sud des Alpes (8 cm à Locarno-Monti le 22 décembre, 1 cm à Lugano le 23).
Dans le courant de la journée du 24 décembre, l'air froid envahit la Suisse et la neige se mit à tomber jusqu'en plaine. Ainsi, Noël fut blanc jusqu'en plaine du lac Léman au lac de Constance (15 cm à Bâle, 13 cm à Zurich, 12 cm à Bienne, 10 cm à Berne, Fribourg et Payerne, 8 cm à Delémont, 7 cm à Genève). Toutefois, quelques régions de plaine restèrent vertes : ce fut le cas du Tessin, de la vallée du Rhône, ainsi que de celles du Rhin et de la Reuss. La fin du mois fut froide, si bien que la couche de neige s'est maintenue sur les régions de plaine, sauf sur le bassin lémanique où une forte bise a soufflé du 25 au 26 décembre, ce qui a balayé la mince couche de poudreuse.
D'importantes quantités de neige fraîche pour les régions de plaine
Les fréquentes chutes de neige tombées au cours de ce mois ont provoqué d'importants cumuls de neige fraîche pour un mois de décembre. A Berne, il est tombé 57 cm de neige au cours du seul mois de décembre, ce qui constitue un record. Il est tombé plus de neige au cours de ce mois que sur l'ensemble de l'hiver dernier. A Zurich, il est tombé 58 cm de neige sur l'ensemble du mois ce qui égale le record de décembre 1979 et décembre 1962. Avec un cumul de 39 cm de neige à Genève, il s'agit de la troisième valeur la plus élevée, derrière les 66 cm de décembre 1938 et les 41 cm de décembre 1981.
En moyenne montagne, il est parfois tombé moins de neige qu'en plaine (57 cm à La Chaux-de-Fonds, c'est-à-dire autant qu'à Berne, 36 cm à Château-d'Oex).
Très froid en montagne
Les températures furent très basses sur les sommets montagneux. Au Säntis ainsi qu'au Jungfraujoch, le l'écart à la norme 1961-1990 s'éleva respectivement à -3.1 degrés et à -2.9 degrés. Au Säntis, il faut remonter jusqu'en décembre 1981 pour retrouver une valeur aussi basse.
Bilan du mois
Un déficit thermique de l'ordre de 1 à 2 degrés fut relevé sur les régions de plaine et de moyenne montagne du Nord des Alpes. En revanche, des températures normales à légèrement excédentaires furent constatées dans les vallées du Rhône, du Rhin et de la Reuss. Au Sud des Alpes, le déficit thermique fut de 1.5 degrés en plaine et jusqu'à 3 degrés en montagne. Au niveau national, le déficit thermique s'éleva à 1.6 degré, ce qui constitue le 33ème mois de décembre le plus froid depuis le début des mesures en 1864.
Les précipitations furent largement excédentaires sur l'extrême nord du pays ainsi qu'au Sud du Tessin avec des valeurs proches de 200% de la norme 1961-1990. Sur le reste du Plateau, on releva une pluviométrie comprise entre 100 et 150% de la norme. Un déficit pluviométrique fut enregistré dans les Préalpes et Alpes et surtout dans les vallées alpines soumises au foehn et en particulier dans la vallée du Rhin. Au niveau national, la pluviométrie se montra à 127% de la norme. Il s'agit du 42ème mois de décembre le plus humide depuis 1864.
L'ensoleillement fut souvent déficitaire, n'atteignant qu'entre 40 et 80% de la norme. Le Plateau tira son épingle du jeu en raison d'un nombre peu élevé de jours de brouillard. L'ensoleillement fut parfois largement excédentaire (jusqu'à 160% de la norme), notamment sur l'ouest du bassin lémanique et la région des Trois-Lacs. La station de Cimetta, au-dessus de Locarno, fut la plus ensoleillée du pays avec une somme mensuelle de 120 heures.
