Mesurer ici pour comprendre plus loin

9 février 2018, 2 Commentaire(s)

Berne, le 25 janvier 2018, 10 heures du matin – plus de 50 personnes se réunissent dans une salle de conférences pour la Table ronde annuelle du Bureau suisse d’observation du climat. Il s’agit de représentants des milieux scientifiques, de l’Administration et également d’entreprises du privé. Tous ont quelque chose en commun : ils observent le climat de la Suisse.

Couverture du nouveau rapport d’inventaire du Système National d’Observation du Climat: vous pouvez accéder au rapport via le site http://www.meteoswiss.admin.ch/home/research-and-cooperation/international-cooperation/gcos/National Climate Observing System.html
Couverture du nouveau rapport d’inventaire du Système National d’Observation du Climat: vous pouvez accéder au rapport via le site http://www.meteoswiss.admin.ch/home/research-and-cooperation/international-cooperation/gcos/National Climate Observing System.html

Au programme de la table ronde figure entre autres la publication du nouveau rapport d’inventaire sur le Système suisse d’observation du climat. Mais qu’est-ce au juste qu’un système d’observation du climat, et pourquoi en a-t-on besoin ?

Pour l’expliquer, faisons un petit retour en arrière vers les débuts de l’observation du climat en Suisse.

Regard vers le passé

En Suisse, l’observation du climat est une tradition très ancienne. Les premières observations systématiques remontent à plus de 200 ans. À l’époque, en 1808 à Genève, des scientifiques commencèrent à noter la date de l’éclosion des feuilles d’une certaine essence de marronnier. Ce marronnier servait ainsi d’instrument de mesure naturel pour déterminer le « début du printemps ». Une telle mesure pratiquée pendant plusieurs décennies, voire sur des siècles, permet de déterminer si ce moment s’est décalé au fil des années.

Le Système suisse d’observation du climat

Pourtant, il ne suffit pas d’observer un marronnier pour décrire « le climat » dans son ensemble. D’autres valeurs comme la température de l’air, la longueur des glaciers ou l’écoulement des eaux sont nécessaires pour formuler au sujet de notre climat des constatations fondées.

Ainsi, en Suisse, de plus en plus de valeurs de mesure se sont ajoutées. Par exemple, les premières mesures systématiques de la température et des précipitations en Suisse ont débuté en décembre 1863. Les premières mesures d’ozone ont commencé en 1926 à Arosa, et le mesurage systématique de l’évolution de la longueur des glaciers suisses remonte à 1893.

Aujourd’hui, 33 variables de mesure sont observées de manière systématique pour caractériser le climat de la Suisse. Elles font toutes partie du Système suisse d’observation du climat. De cette manière, la Suisse apporte aussi une contribution très importante au Système Mondial d’Observation du Climat (SMOC). Les données suisses sont également régulièrement intégrées dans des rapports internationaux sur le climat, comme celui du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Comparer ce qui est comparable

Par principe, il est important que l’observation et le traitement ultérieur des données recueillies se fassent de manière unifiée. Pour la température de l’air, par exemple, il est déterminant de savoir à quelle distance du sol l’air est mesuré. Ce n’est que s’il règne partout des conditions de mesure identiques ou tout au moins très similaires que l’on peut comparer des données les unes aux autres. Il y a des amalgames à ne pas faire. Ce n'est pas seulement vrai pour l’observation de la température de l’air, mais naturellement pour les 33 variables mesurées.

Une assurance de la qualité fait donc partie du Système suisse d’observation du climat. Au Centre mondial du rayonnement à Davos, par exemple, des instruments de mesure du rayonnement solaire du monde entier sont étalonnés depuis 1971. Il est en outre important de mettre à disposition les données récoltées ; c’est ce que fait par exemple le Centre international des données relatives aux glaciers, de l’Université de Zurich, dont les données glaciologiques sont disponibles pour une utilisation dans le monde entier.

À quoi nous sert le Système suisse d’observation du climat ?

Des observations systématiques forment une base pour analyser les climats du passé. Elles nous aident à discerner les transformations à long terme et, en interaction avec des modèles, à formuler des estimations sur le climat futur.  Elles soutiennent les autorités, le monde politique, l’économie et la société en général quand ils cherchent à déceler et à diminuer des risques liés au climat. Par exemple, le National Centre for Climate Services (NCCS) utilise ces données de mesure climatique. Ce réseau fédéral dédié aux services climatologiques s’attelle à répondre à des questions comme : « Pleuvra-t-il davantage à l’avenir et y aura-t-il des inondations plus fortes? »

Nouveau rapport d’inventaire

Il est possible désormais à tout un chacun de se faire une idée plus approfondie des 33 variables climatiques suisses et de leur histoire, ou encore du travail de calibrage de la Suisse et des activités de ses centres de données.

Il suffit de jeter un coup d’œil au rapport d’inventaire du Système national d’observation du climat.

Information supplémentaires

SMOC

Le « Global Climate Observing System » – abrégé en GCOS, SMOC en français – est un programme international dont le but est de relever des données climatiques uniformes dans le monde et de rendre ces informations accessibles aux utilisateurs. Pour y arriver, le SMOC prescrit, par exemple les variables qu’il s'agit de mesurer pour caractériser un climat.

Le Système suisse d’observation du climat fait partie de ce système global et apporte ainsi une contribution importante à la compréhension du climat global.

GCOS

Inventaire du SMOC

NCCS

Commentaires (2)

  1. Fauve-ette, 24.02.2018, 02:28

    MERCI pour la clarté de vos explications, images et graphiques. Vraiment intéressant ☆☆☆☆☆

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  2. Claude Guignard, 09.02.2018, 16:27

    C'est vrai. L'observation est très importante. Mais pas seulement pour voir l'évolution. Aussi pour vérifier, sur le court terme, l'exactitude des previsohhļns donnees par rapport au temps qu'il a effectivement fait.

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